Music Perception, 2009

THIS ARTICLE SUMMARIZES THE MAIN EVIDENCE TO date regarding links between the brain and music.
Musical expertise, often linked to early and intensive learning, is associated with neuroanatomical distinctive features that have been demonstrated through modern neuroimaging techniques, especially magnetic resonance imaging (MRI). These distinctive features are present in several brain regions, all more or less involved either in gestural motor skill (therefore probably related to the use of an instrument) or auditory perception. There also is growing evidence that learning music has more general effects on brain plasticity.
One important notion, related to this topic, is that of a probable “sensitive period,” around 7 years of age, beyond which music-induced structural changes and learning effects are less pronounced. These data are discussed in the perspective of using music training for remediation in children with specific language and reading disorders.

Frontiers in Psychology

L’équipe de Mireille Besson au CNRS (Laboratoire de Neurosciences Cognitives, Faculté Saint Charles) et celle de Michel Habib à Résodys publient cette semaine un article princeps sur l’effet de la musique chez les dyslexiques.

Le point de départ de l’étude a été l’observation empirique que les musiciens, enfants ou adultes, obtiennent de meilleures performances sur certaines tâches cognitives, en particulier celles impliquées dans les mécanismes de la lecture. L’étude montre pour la première fois l’efficacité d’une rééducation exclusivement musicale basée sur les connaissances actuelles des bases cérébrales de la dyslexie, à savoir un défaut de mise en place des connexions cérébrales entre les zones traitant les informations sensorielles (auditives, visuelles et tactiles) et les zones contrôlant la motricité, tant au niveau de la parole que des mouvements du corps en général. Or ces connexions ont été récemment révélées comme nettement mieux développées chez des adultes musiciens que dans le reste de la population.
Deux groupes d’enfants dyslexiques, ayant déjà eu plusieurs années de rééducation traditionnelle en orthophonie et psychomotricité, ont été analysés avant et après un entraînement intensif de 18 heures d’ateliers musicaux comportant des exercices d’apprentissage du clavier, des exercices d’écoute des différentes dimensions des sons musicaux et des exercices de perception et de production rythmique à l’aide de percussions et de mouvements du corps. Dans la première étude, les 18 heures d’entraînement musical étaient groupées sur 3 jours successifs, dans la seconde, étalées sur 5 semaines.
Les résultats montrent une amélioration spectaculaire de différentes dimensions du trouble dyslexique, dimensions non spécifiquement entraînées lors des ateliers. Par exemple, une mesure très robuste de la perception des phonèmes de la parole, appelée perception catégorielle, qui est un reflet de la capacité du cerveau à distinguer entre eux de façon très fine les sons de la parole, et qui fait défaut à beaucoup de dyslexiques, s’est améliorée très significativement dans les deux études. En outre, et de manière bien plus directement utile aux rééducateurs et aux enseignants, les enfants dyslexiques enrôlés dans l’étude ont amélioré significativement leurs capacités d’attention auditive, de mémoire à court terme et l’efficience de leur lecture, et ce de façon durable après la fin des entraînements.
Outre le fait qu’elle apporte une explication à l’effet de la musique sur les fonctions cognitives de ces enfants, cette étude incite donc fortement, comme le soulignent leurs auteurs, à préconiser systématiquement l’apprentissage d’un instrument de musique chez les enfants dyslexiques, et ce quels que soient leur âge et leur milieu socio-économique d’origine. Selon le Docteur Michel Habib, l’auteur principal de cette étude, "c’est chez les enfants provenant des milieux les plus défavorisés que la pratique musicale pourrait être la plus efficace. Or ce sont précisément ces couches sociales qui y ont accès le plus difficilement. C’est donc dans ces secteurs que doivent porter en priorité les efforts conjoints des collectivités et de l’institution scolaire qui ont en charge l’organisation des temps scolaires et périscolaires, pour généraliser une pratique qui reste trop souvent considérée comme un luxe superflu, alors qu’elle s’avère un outil de choix tant rééducatif que pédagogique".

Référence : Music and Dyslexia : A New Musical Training Method to Improve Reading and Related Disorders. Front. Psychol., 22 January 2016 | http://dx.doi.org/10.3389/fpsyg.2016.00026

Dyslexie et Apprentissage Musical

Dyslexie » et apprentissage musical

La dyslexie et les autres troubles spécifiques d’apprentissage font l’objet d’un intense effort de la recherche scientifique depuis une dizaine d’année, effort qui s’est manifesté principalement dans deux champs : celui des neurosciences et celui des sciences de l’éducation. Récemment, une convergence de résultats des travaux issus de ces deux champs de recherche a abouti à la conviction que l’enseignement de la musique pourrait occuper une place de choix pour aider à la prise en charge de ce qui est apparu en dix ans comme un véritable problème de santé publique, et de surcroît un problème de société. Nous proposons ici une méthode directement issue de la recherche scientifique dans ce domaine et basée sur les résultats obtenus par diverses équipes françaises et étrangères. Comme toute nouvelle méthode, son caractère novateur implique qu’elle soit évolutive et non figée, et comporte donc une dimension d’évaluation qui peut paraître contraignante mais est indispensable à l’amélioration continue de la qualité du produit.

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La musique et la danse développent le cerveau de manière différente

Article publié dans Médecine des Arts ici

Des centaines, des milliers d’heures de pratique imprègnent le cerveau des danseurs et des musiciens. Ces pratiques intensives propres aux experts dans ces domaines artistiques entraînent des changements neurologiques importants, mais distincts chez les danseurs et les musiciens.

Bien que ces deux pratiques artistiques impliquent une formation intense, la danse développe l’intégration visuelle et auditive et la coordination motrice, tandis que la pratique de la musique se concentre principalement sur l’information auditive et sur la motricité et la sensorialité localisée.

Afin d’explorer ces différences tenant à la plasticité neuronale, une équipe de chercheurs a utilisé des technologies d’imagerie de haute technologie pour comparer les effets de la pratique de la danse et de la musique sur la structure fonctionnelle cérébrale, notamment au niveau de la substance blanche. L’étude repose sur la comparaison d’une population de musiciens et de danseurs experts par rapport à une population témoin sans pratique artistique.

L’imagerie de diffusion permet d’évaluer la microstructure du tissu cérébral de façon globale et quantifiée (carte de coefficient de diffusion, anisotropie) et d’analyser la substance blanche en faisceaux (imagerie du tenseur de diffusion et tractographie). Il est possible d’étudier de façon précise l’état et l’organisation de chaque faisceau de substance blanche (corps calleux, faisceau corticospinal, spino-thalamique, faisceau arqué, unciné, longitudinal supérieur et inférieur, etc.), et d’étudier de façon non invasive la connectivité et le fonctionnement cérébral.

Les nouvelles techniques d’imagerie, imagerie par diffusion notamment, mettent en évidence pour les danseurs une plus grande diffusivité et une cohérence réduite des fibres dans les régions de substance blanche y compris le tractus cortico-spinal, faisceau longitudinal supérieur et corps calleux. En revanche, les musiciens montrent une diffusivité réduite et une plus grande cohérence des fibres dans les régions similaires.
Les voies qui étaient les plus impactés étaient les faisceaux de fibres qui relient les régions sensorielles et motrices du cerveau et les fibres du corps calleux qui relient les deux hémisphères.

En d’autres mots, cela signifie que les danseurs ont mis en place plus de connexions entre les régions sensorielles et motrices du cerveau, tandis que les musiciens ont fait des connexions plus fortes mais plus localisées, plus spécifiques.
« Ces résultats donnent à penser que la formation musicale et la formation en danse affectent le cerveau dans des directions opposées », explique un des chercheurs de l’étude. En effet, les danseurs forment leur corps tout entier, dans sa globalité, et développent de ce fait une représentation cérébrale plus large dans le cortex neural, alors que les musiciens, qui concentrent leur formation sur des parties spécifiques du corps comme les mains, les doigts, les lèvres, organisent cette représentation cérébrale sur des zones réduites, plus spécifiques et dans le même temps plus fortes.

Cette étude réalisée par une équipe de chercheurs du laboratoire international sur le cerveau montre que la formation en danse et en musique a des effets plus marqués que ce que l’on pensait sur le cerveau et que les danseurs et les musiciens montraient « des différences remarquables dans de nombreuses régions de la matière blanche, y compris dans les voies cérébrales sensorielles et motrices, au niveau primaire et profond des processus cognitifs du traitement de l’information.”

Pour Virginia Penhume, à la tête du Département de Psychologie de Concordia qui a supervisé ce projet de recherche, « ce travail sur les pratiques artistiques a un potentiel majeur pour l’application aux domaines de l’éducation et de la réhabilitation », y compris l’accompagnement du traitement de la maladie de Parkinson et l’accompagnement des enfants autistes.

« Comprendre comment la formation en danse et la musique affecte différemment les réseaux du cerveau va nous permettre d’utiliser sélectivement ces champs artistiques pour améliorer le fonctionnement cérébral ou compenser les difficultés et les maladies qui impliquent ces réseaux spécifiques du cerveau. »

Rédacteur : Docteur Arcier, fondateur de Médecine des Arts
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La formation en danse et en musique imprègne le cerveau de manière différenciée et opposée. Cela est relatif aux techniques qui s’appuient sur le corps dans sa globalité pour la danse, des zones réduites très spécialisées pour la musique. La connaissance des conséquences cérébrales de ces pratiques artistiques pourrait être mieux utilisée dans le champ thérapeutique.

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Mélodys® et la remediation cognitivo-musicale :

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