Article EMC - dyslexie

L’Encyclopédie Médico-Chirurgicale (EMC) vient de publier un article référence sur la dyslexie.
L’EMC est une institution en matière d’éditions médicales, considérée depuis près de 100 ans comme LA référence incontournable : comme l’écrit l’article wikipédia qui lui est consacré : Initié par A. Laffont et F. Durieux en 1929, son contenu s’est progressivement étoffé sur plusieurs décennies. Cet ouvrage est considéré comme une référence francophone dans l’ensemble des spécialités médicales et chirurgicales
Le seul fait que l’EMC choisisse les compétences de notre région pour rédiger cet article prouve la notoriété que nous avons acquise dans le domaine.
En outre, le fait qu’il paraisse dans un des 6 volumes de la rubrique ’psychiatrie’ , tout en étant signé par un neurologue, montre l’évolution de cette discipline qui accepte, au même titre que pour l’autisme, l’évolution neurologique des troubles d’apprentissage de l’enfant.

Document joint

Dyslexie de développement - PDF - 1 Mo

The Neurological Basis of Developmental Dyslexia and Related Disorders : A Reappraisal of the Temporal Hypothesis, Twenty Years on

Dans un article désormais classique publié il y a maintenant deux décennies (Brain, 2000 ; 123 : 2373-2399), j’ai proposé une « hypothèse de déficit de traitement temporel étendu de la dyslexie », suggérant qu’un déficit de traitement temporel pourrait expliquer non seulement les particularités de langage des enfants dys, mais aussi un éventail plus large de symptômes liés à une altération du traitement du temps en général. Dans le présent article de synthèse, je revisiterai cette hypothèse « historique » à la fois à la lumière d’une nouvelle perspective clinique, incluant la notion centrale mais mal expliquée de comorbidité, et en jetant également un nouveau regard sur les travaux expérimentaux les plus récents, en se concentrant principalement sur données d’imagerie cérébrale. Dans un premier temps, en cohérence avec la pratique clinique quotidienne, je propose de distinguer trois groupes d’enfants en incapacité d’apprendre à lire, d’occurrence à peu près égale, qui partagent la même présentation initiale (difficulté à maîtriser les règles de correspondance graphème-phonème) mais avec des signes et/ou comorbidités (troubles du langage dans le premier groupe, déficits attentionnels dans le second et troubles de la coordination motrice dans le dernier), suggérant ainsi, au moins en partie, des mécanismes de déclenchement potentiellement différents. Il est ensuite suggéré, à la lumière des informations d’imagerie cérébrale disponibles à ce jour, que les trois principales présentations/associations cliniques de troubles cognitifs qui compromettent l’acquisition des compétences en lecture correspondent à trois patrons distincts de mauvais câblage ou de « déconnexion » dans des réseaux cérébraux spécifiques qui ont en commun leur implication dans le processus d’apprentissage et leur forte dépendance aux caractéristiques temporelles du traitement de l’information. En référence à la théorie classique du déficit de traitement temporel et aux preuves récentes d’une incapacité du cerveau dyslexique à réaliser un couplage adéquat de l’activité cérébrale oscillatoire aux caractéristiques temporelles d’événements externes, un modèle général est proposé selon lequel un mécanisme commun de découplage entre divers processeurs déconnectés - et/ou mal câblés - peut expliquer des formes distinctes de troubles d’apprentissage spécifiques, les troubles de la lecture étant une caractéristique plus ou moins constante. Enfin, les implications thérapeutiques potentielles d’un tel point de vue sont examinées, avec un accent particulier sur les méthodes cherchant à améliorer la connectivité intermodale entre des systèmes cérébraux distincts, y compris ceux utilisant un entraînement rythmique et musical chez les patients dyslexiques.

Document joint

Article Brain Sciences 2021 - PDF - 3.2 Mo

Haut Potentiel et Troubles d’apprentissage : l’enfant doublement exceptionnel - Février 2021

Les enfants qui manifestent des troubles de l’apprentissage alors qu’ils ont un QI au-dessus de la moyenne sont un sujet d’étonnement et provoquent des débats passionnés. Haut potentiel, ou malade ? Le point de vue d’un praticien hospitalier est utile pour fournir une vision apaisée de la question.

Document joint

La Jaune et la Rouge - PDF - 628 ko

SNLF M Habib - Forum 2009

Document joint

Dyslexie -M Habib & B Joly-Pottuz Revue de Neuropsychologie 2008

TDAH M Habib - Développements 2011

Le TDAH (trouble déficit d’attention avec hyperactivité) représente une des causes majeures de handicap d’origine neurologique, chez l’enfant, mais aussi l’adulte, et à ce titre fait l’objet d’un effort intense de la part des chercheurs en neurologie, neuropharmacologie, neuro-imagerie et neurosciences.
Parmi les caractéristiques cliniques de ces troubles, la présence de la classique triade agitation/ inattention/impulsivité a donné lieu à différents modèles explicatifs tentant de rendre compte à la fois de la coexistence de ces symptômes et de la grande hétérogénéité des formes cliniques que peut prendre l’affection. Cet article rassemble les arguments issus de la clinique et de la neuro-imagerie en faveur de l’hypothèse d’un dysfonctionnement fondamental des systèmes sous-corticaux de la récompense (striatum limbique ou ventral, noyau accumbens) et de leurs connexions avec diverses régions du système limbique. Un modèle est finalement proposé, par analogie avec les conséquences
de la pathologie lésionnelle affectant le striato-pallidum limbique, permettant d’expliquer comment la dysfonction de ce système archaïque dans le cerveau humain est apte à provoquer des symptômes aussi variés que ceux décrits chez les patients TDAH, tant dans le champ cognitif que comportemental.

Document joint

TDAH - Développements 2011 - PDF - 457.5 ko

Six pour dys M Habib - Développement 2008

A partir de deux cohortes d’élèves de CM1 (n = 1398) et de CM2 (n = 1398) ayant bénéficié d’un repérage systématique grâce à Réperdys, un outil proposé aux enseignants en passation semi-collective, un dépistage de la dyslexie a été réalisé par les médecins scolaires des établissements concernés à l’aide d’outils spécifiques. En utilisant les critères proposés par les concepteurs de l’outil Réperdys, nous avons retrouvé un taux de repérage de 31 % pour les CM1 et autant pour les CM2, soit un taux bien supérieur à celui attendu (15 % ; Jacquier-Roux et coll., 2006). De fait, l’analyse des enfants repérés a confirmé la forte incidence de dyslexie dans les deux cohortes, respectivement 26 et 23 %, en utilisant le critère haut, c’est à dire un déficit de plus de deux écart-types par rapport à la norme. Par conséquent, environ un enfant sur quatre de la population initiale peut, d’après les critères retenus, être considéré comme potentiellement dyslexique. Les différentes explications possibles à cette surprenante constatation sont discutées. Une analyse plus détaillée des résultats a permis en outre de démontrer que l’épreuve de dictée de Réperdys était fortement corrélée à l’âge de lecture déterminé par le test de l’Alouette, alors que les deux autres épreuves (lecture de mots et copie) le sont beaucoup moins. Une analyse des erreurs en dictée, selon les critères proposés par Jacquier-Roux et coll., a montré que les erreurs dites « internes », c’est-à-dire qui enfreignent les règles de correspondance grapho-phonémique, sont significativement corrélées à l’âge de lecture, ce qui en fait un bon prédicteur du trouble de la lecture. Enfin, une analyse en composantes principales (ACP) a permis d’identifier trois facteurs de regroupement des principales mesures réalisées, validant globalement un modèle rapportant les troubles de la lecture à un déficit de nature linguistique, attentionnelle ou praxique.

Document joint

Six pour Dys - PDF - 358.3 ko