Les troubles de l’apprentissage : vadémécum du médecin praticien, par Michel Habib

Naguère considérée comme un artéfact psycho-sociologique, la problématique des troubles d’apprentissage a acquis progressivement, ces dernières années, un statut de problème de santé publique, au même titre que d’autres troubles du neurodéveloppement comme l’autisme ou l’hyperactivité, jusqu’à son entrée à l’Académie de médecine en juin 2015 qui l’a consacrée comme une discipline médicale à part entière.
C’est ainsi qu’à présent les pouvoirs publics, à travers les récentes recommandations de la HAS, incitent fortement les médecins à s’intéresser à ces enfants qui souffrent de leur différence, se mettent en échec dans leur scolarité et compromettent leur avenir professionnel et social, au grand dam de leurs familles qui assistent, impuissantes, à ce gaspillage d’intelligence et d’énergie.
L’obstacle, à cet égard, et il est de taille, c’est que les médecins n’ont jamais entendu parler de troubles d’apprentissage durant leurs études, à moins de s’y être intéressés pour des raisons personnelles, puisque selon les statistiques générales, 15% des familles, et celles de nos confrères et consœurs ne sont pas épargnées, sont concernées.
C’est le but de cet ouvrage de venir combler (enfin) cette lacune.

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Melodys Méthode de remédiation par la musique -Réédition 2021

La méthode présentée dans cet ouvrage ne se réclame pas de la musicothérapie, mais plutôt de la rééducation fonctionnelle : contrairement à la première, largement basée sur des constatations empiriques, où le cerveau n’a qu’une place secondaire, le présent travail suit la démarche inverse, partant des données acquises par la recherche en neurosciences pour déboucher sur la construction d’outils de remédiation.

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La constellation des dys - bases neurologiques de l’apprentissage et de ses troubles (2e édition)


Michel Habib livre un panorama complet et explicatif de l’ensemble des troubles dys, ainsi que des pistes thérapeutiques adaptées. Les « troubles dys » sont à la fois un problème de société d’une brûlante actualité et une thématique scientifique en pleine effervescence : en une vingtaine d’années, le thème, au début essentiellement psycho-pédagogique, est devenu central en neurosciences et en neuropsychologie. Cet ouvrage, didactique par essence, fait le point sur l’état des données scientifiques dans ce domaine et insiste sur la nécessité d’une interdisciplinarité (incluant le maître d’école) qui prenne en compte les soubassements neurobiologiques de ces troubles : pour l’enfant en difficulté, il est nécessaire que tous les professionnels qui l’entourent partagent une même connaissance et puissent accéder à une compréhension profonde de cette incapacité à apprendre, dont le caractère biologique et constitutionnel n’est plus à prouver. Dans ce texte, l’auteur défend en outre l’idée que la recherche et la clinique peuvent faire bon ménage dans cette branche de la médecine et fournit au lecteur les informations les plus actuelles sur le sujet. L’ouvrage s’adresse aux professionnels en quête d’une connaissance complète et moderne du sujet, mais également aux non-spécialistes qui ont besoin d’en connaître les rudiments scientifiques afin de construire leur propre conception des troubles dys

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J’ai des DYS dans ma classe ! Guide pratique pour les enseignants


Cet ouvrage explique comment les apprentissages fondamentaux, lecture, écriture et calcul, se construisent et comment répondre aux troubles dys par une pédagogie adaptée.
Avoir des « dys » dans sa classe est tout à la fois une banalité pour certains et une énigme pour beaucoup.
Premier à constater les difficultés de l’enfant, l’enseignant est aussi le mieux placé pour en informer
les parents. Le rôle de l’enseignant est donc crucial dans le repérage des troubles dys d’autant qu’il est le seul capable d’amorcer les premiers ajustements pédagogiques pour préserver la progression scolaire de son élève. Mais pour les repérer et agir de façon appropriée, encore faut-il comprendre ces troubles dys !
Illustré de nombreuses situations de classe, regorgeant de solutions à adapter à votre pratique quotidienne et au cas particulier de vos élèves, ce livre vous aidera à envisager les troubles dys sans dramatiser et pour le plus grand bien de la classe.
Marjorie Camus-Charron et Michel Habib passent en revue les grands domaines où s’expriment les difficultés de l’enfant dys : lecture et écriture, langage oral, compétences numériques, mémoire, coordination, sans oublier les troubles de l’attention, l’hyperactivité et les élèves à haut potentiel.

L’enfant à haut potentiel intellectuel - Regards croisés -

Etre un enfant surdoué ou à haut potentiel est une particularité que l’on imagine d’emblée comme une chance, un don, un facteur de réussite. Mais pour le concerné, elle peut aussi être synonyme de difficultés et d’incompréhension. Ainsi, celui que l’on appelle encore élève intellectuellement précoce (EIP) dans l’Education Nationale n’est pas toujours le "surdoué" de la classe et peut même être en échec scolaire.
Le but de cet ouvrage est de mieux cerner les différentes formes de ce tableau, de préciser le fonctionnement cognitif, affectif et social particulier des enfants à Haut Potentiel y compris avec l’apport de l’imagerie cérébrale. Les auteurs s’attachent à en recenser les modalités de repérage et à proposer des stratégies pédagogiques spécifiques, sans oublier la place des parents qui ont la charge d’élever ces enfants pas tout à fait comme les autres, mais qui, comme les autres, sont des enfants.

"La Dyslexie à livre ouvert" du Dr M. Habib


"Au cours de ces dernières années, la dyslexie est devenue indéniablement un des thèmes favoris de la littérature scientifique à l’interface des sciences de l’homme, de la société et de l’éducation.
Loin de sacrifier à un effet de mode, cet ouvrage prétend apporter un éclairage nouveau, issu de la réflexion et de l’expérience d’un spécialiste, à la fois clinicien et chercheur, confronté durant une partie à présent conséquente de sa carrière à la souffrance que vivent au quotidien les enfants dyslexiques et leur famille.
De cette réflexion et de cette confrontation est née la certitude que nous nous trouvons là face à un fait de société radicalement nouveau : de façon tout à fait inédite, nous assistons actuellement à un rapprochement entre la science et la pédagogie, deux disciplines qui n’avaient jusqu¹alors que peu ou pas de zones de recouvrement.
Car l’enfant dyslexique, on le sait maintenant, est biologiquement différent.
Son cerveau est, à la base, différent, dès la naissance, et lorsque arrive l’heure de lui apprendre à lire, il a déjà interagi avec son environnement de manière différente de tous les autres. Ce constat, véritable révélation pour tous ceux qui côtoyaient jusqu’ici quotidiennement des enfants en difficulté d’apprentissage, est en voie de changer profondément les conceptions dominantes dans le domaine, et par là même les attitudes et les comportements face à ces enfants.

Cet ouvrage s’adresse à tous les professionnels, éducateurs, rééducateurs, enseignants, dont la pratique quotidienne avec l’enfant dyslexique suscite des questions, des hésitations, voire des inquiétudes. Mais, au-delà de son rôle d’information, il a surtout vocation à délivrer un message fort, dans un langage compréhensible de tous, incitant tous les intervenants, professionnels ou non, scolaires ou extra-scolaires, à unir leurs efforts pour agir en totale concertation, pour le bénéfice des enfants en difficulté"
Editeur : Résodys

Calcul et dyscalculies - Des modèles à la rééducation


Dans notre société, les aptitudes mathématiques sont sollicitées tous les jours. Malheureusement, il existe d’importantes inégalités des enfants face à ces apprentissages et certains, que l’on appelle dyscalculiques, sont clairement en difficulté. Cet ouvrage présente une synthèse actuelle des connaissances sur la dyscalculie développementale. Les bases historiques et neuro-anatomiques du calcul et du traitement des nombres sont rappelées. L’origine des aptitudes numériques humaines est développée au travers des données chez l’animal et chez le bébé. Les données scientifiques les plus récentes sur la dyscalculie développementale sont rapportées sous-tendues par une grande complexité des mécanismes impliqués. Le cas particulier des troubles du calcul liés aux maladies génétiques est présenté. Les outils d’évaluation sont détaillés. La question spécifique de la résolution des problèmes est abordée. Les aspects thérapeutiques sont largement débattus.

TRAITÉ DE NEUROLINGUISTIQUE . Du Cerveau au Langage

La neurolinguistique étudie le fonctionnement cérébral des grandes fonctions
langagières. Cet ouvrage complet en explore tous les aspects, chez le sujet sain et pathologique, depuis l’anatomie jusqu’à la clinique.
La neurolinguistique vise à comprendre les liens entre le fonctionnement
cérébral et le comportement langagier. En étudiant les relations entre le cerveau et le langage, les chercheurs en neurolinguistique tentent de comprendre l’architecture anatomo-fonctionnelle des grandes fonctions langagières.
Grâce à l’avènement des techniques d’imagerie cérébrale fonctionnelle, au
développement des neurochirurgies fonctionnelles et à la modélisation
neuromimétique, la neurolinguistique est une discipline en perpétuelle
évolution.
Rédigé par les meilleurs spécialistes francophones, cet ouvrage de référence
présente de la manière la plus exhaustive les différentes thématiques et les
récentes découvertes en neurolinguistique. Les auteurs reviennent sur l’histoire
de cette discipline, abordent les bases anatomiques, physiologiques et cérébrales indispensables en neurolinguistique, présentent les principaux axes de recherche fondamentale avant de décrire les troubles de la parole et du langage.

Sous la direction de Serge Pinto et Marc Sato
2016 - 416 pages - 59,00 €
9782353273393

En librairie et sur www.deboecksuperieur.com

Cerveau et morale : l’apport des neurosciences au débat sur la laïcité.

Il n’est nul besoin de faire référence à l’actualité récente pour évoquer cette question qui agite l’Ecole de la République et ses théoriciens depuis 1905, date de l’officialisation de la séparation de l’état et des églises et de la naissance de la laïcité à l’école [1]. En tant que scientifique et neurologue, je me suis naturellement posé la question de l’apport possible de mon champ de connaissance à ce débat public.
Je ne saurais dire si cela est le fruit d’une coïncidence ou provoqué par la pression plus ou moins inconsciente de l’actualité, mais les neuroscientifiques s’intéressent de plus en plus à une question qui leur brûle les lèvres : qu’est ce qui dans le cerveau explique la morale, y a-t-il une différence entre le cerveau de mère Teresa et celui d’un serial killer ? Et immédiatement après, qu’est ce que le cerveau religieux ? qu’est ce que la religion change à notre cerveau ? Et pour terminer une dernière question, sans doute la plus importante, comment évolue et a évolué le cerveau humain du point de vue de la moralité ? Suit il ou non l’évolution impressionnante de l’intelligence et de la cognition ?

La moralité : une propriété de notre cerveau ?

Que la morale soit représentée, au moins en partie, dans les circonvolutions de notre cerveau, et en particulier certaines d’entre elles, est un fait clinique et expérimental qui commence à être bien établi. Cette neurologie de la morale, parfois appelée "neuro-éthique", nous rappelle d’abord que des patients souffrant de lésions de certaines parties de leur cerveau (lobe orbito-frontal, notamment), perdent les capacités (auparavant pourtant intactes) de juger de l’aspect moral ou non d’une situation, d’un récit, d’une décision. L’apport de l’imagerie cérébrale fonctionnelle a également fourni des éléments déterminants à cette connaissance, montrant l’activité de ces mêmes zones cérébrales dans au moins deux conditions distinctes [2] : lorsque l’individu doit décider d’un acte nécessitant un jugement moral (moralité "active"), et lorsque l’individu doit seulement écouter ou voir des situations en infraction avec la morale (moralité "passive"). Enfin, Plusieurs auteurs ont insisté sur le chevauchement partiel entre moralité et empathie, tant du point de vue des phénomènes et des comportements, que de celui des zones cérébrales impliquées.

Les régions cérébrales impliquées dans le jugement moral et dans les considérations empathiques. vmPFC : cortex pré frontal ventral ; mPFC : cortex préfrontal médian ; pSTS : partie postérieure du sillon temporal supérieur. (In Decety et Cowell, Trends in Cognitive Sciences July 2014, Vol. 18, No. 7 )

Une révélation troublante

Un des scientifiques les plus en vue dans ce domaine sur le continent nord-américain est Jean Decety, un français émigré aux USA et devenu depuis lors le spécialiste mondial de ces questions.
Dans un article récent sorti ce mois-ci dans la revue Current Biology [3], Decety jette un pavé dans la mare, un pavé dont les retombées sont encore difficile à imaginer mais pourraient dépasser largement celles habituelles d’un article scientifique. Ici, il s’agit de morale et de religion, et le pavé est pourtant plein de bonnes intentions, si j’ose dire : on nous dit que la religion permet de développer la morale chez les enfants. Et si c’était tout le contraire ?
Voici le contexte : on étudie 1 170 enfants de cinq à douze ans, provenant de 6 pays (très) différents : Canada, Chine, Jordanie, Turquie, Etats-Unis et Afrique du Sud, et on nous montre que l’altruisme n’est pas particulièrement développé chez ceux issus de familles pratiquant une religion. Ils présenteraient aussi une prédilection pour l’application de châtiments plus sévères que les enfants de familles se définissant comme « non religieuses ».

Pour mesurer la "religiosité", les auteurs ont combiné trois indices permettant de se faire une idée précise sur le niveau de pratique et de croyance, en distinguant a posteriori trois groupes : chrétiens, musulmans et athées, et en calculant en particulier un indice de fréquentation des lieux de culte (le choix des religions a seulement été dicté, écrivent-ils, par leur fréquence respective dans les populations auxquelles ils avaient accès). Les chercheurs ont alors demandé aux parents d’évaluer la capacité d’empathie et la sensibilité à l’injustice de leurs enfants. Les chrétiens et musulmans les estimaient plus élevées que ce que rapportaient les parents non croyants. Jusqu’ici, rien de bien révolutionnaire. C’est l’étape suivante qui a réservé la véritable surprise. Les auteurs ont ensuite fait passer à tous les enfants un test aujourd’hui largement utilisé en neuro-économie, le "test du dictateur". Il s’agit de donner à un joueur, le dictateur, une somme d’argent (ici des autocollants), en expliquant qu’il n’y en aurait pas pour tout le monde, et que l’heureux détenteur d’autocollants devra, s’il le souhaite, en donner aux autres enfants. Dans un test équivalent chez l’adulte, 40% des individus seulement gardent toute la somme pour eux, les autres cédant, par pur altruisme, en moyenne 20% de leur bien. Comme cela était prévu, le principal facteur de variation, chez les 1170 enfants, fut l’âge, la performance s’améliorant progressivement entre 5 et 12 ans. Puis, et c’est là que les choses deviennent intéressantes, le second facteur de variation est l’indice de religiosité, mais pas dans le sens attendu : ce sont en fait les enfants issus des familles les moins religieuses qui s’avèrent donner le plus, et ce de manière très significative.
En d’autres termes, plus vous êtes religieux, moins vous êtes altruiste ! Cela paraît contradictoire avec une autre constatation, celle bien établie selon laquelle les personnes croyantes sont plus charitables, mais cela est sans doute vrai dans les situations de don programmé (aumône, associations caritatives, œuvres de bienfaisance), alors qu’ici il s’agit plutôt d’un don non réfléchi, un acte instinctif en quelque sorte, sans doute plus proche de l’altruisme d’Auguste Comte, sans gratification attendue en retour, même à un niveau émotionnel.

Bases cérébrales de la religiosité

Ces données ne vont pas sans rappeler les résultats obtenus par une équipe espagnole en imagerie cérébrale [4] : ces derniers ont utilisé un paradigme également bien connu en cognition sociale, le "dilemme du tramway" [5].

Des adultes croyants ou athées recevaient un examen en IRM fonctionnelle du cerveau pendant qu’ils devaient résoudre le dilemme suivant : vous êtes aux commandes d’un aiguillage sur la voie ferrée qui peut décider que le train ira tout droit, où 4 hommes sont immobilisés sur la voie et mourront à coup sûr si le train leur passe dessus, ou sur la voie de gauche, où 1 seul homme est attaché de même. Que choisissez vous, actionner l’aiguillage pour sauver 4 personnes mais en condamner une autre, ou laisser le train écraser 4 personnes ? La majorité des individus, dans cette condition dite "impersonnelle", répondent qu’ils actionneraient l’aiguillage (réponse "utilitaire"). Dans une autre condition, le même personnage est sur un pont sous lequel passe la voie ferrée avec 4 personnes attachées comme précédemment. Un autre personnage se penche du pont : si vous le poussez, il se tuera mais arrêtera le train et cela sauvera 4 personnes. Peu de gens choisissent de pousser dans cette condition dite impersonnelle, et choisissent plutôt de s’abstenir (réponse "déontologique"). Un premier résultat de cette étude est que les sujets athées fournissent plus de réponses utilitaires, et les religieux, plus de réponses déontologiques.

Lorsque, à présent, on observe les patrons d’activation en IRMf provoqués par ces situations, on réalise que ceux-ci sont très différents entre athées et religieux. Les religieux activent plusieurs zones faisant partie du système limbique, donc le cerveau émotionnel, plus particulièrement un circuit connu comme "mode par défaut", c’est-à-dire un ensemble de structures dont la mise en jeu est également observée dans toutes les situations où le cerveau est au repos (frontal antérieur, pré-cunéus) de même que la région du pôle temporal, impliquée dans la mise en perspective du sentiment de soi avec autrui. A l’inverse, les athées n’activent, dans la même situation, qu’une région très réduite du lobe pariétal supérieur, plutôt impliquée dans la théorie de l’esprit, c’est-à-dire la capacité de se représenter les états mentaux d’autrui. En d’autres termes, le religieux active son cerveau émotionnel, l’athée, son cerveau social.

Pour conclure ce débat, qui est, soyons-en certains, loin d’être clos, que peut-on dire, à l’heure actuelle, de ces données, en particulier dans la question qui nous concerne ici, celle de la laïcité à l’école.
En premier lieu, force est de constater que, comme dans beaucoup de domaines, s’interroger sur les racines biologiques d’un comportement humain est potentiellement une source riche de connaissances, susceptible d’alimenter ici le débat de la laïcité, et au delà, celui du rôle de l’école dans la construction d’une société plus morale. Mon analyse, à la lumière de ce que nous savons de l’évolution des espèces, est que la morale religieuse a peu évolué au cours des siècles. Basée sur le caractère intangible et comminatoire de textes écrits par les Anciens, considérés nécessairement comme plus sages et fiables précisément parce qu’ils sont anciens, la morale religieuse dicte des préceptes et des interdits qui sont pratiquement les mêmes depuis des millénaires, et ce pour toutes les religions (presque sans exception). Tout système de croyance repose sur plusieurs piliers (croyance en une force supérieure qui transcende l’humain, croyance en une existence dans l’au-delà, croyance en l’absolue nécessité de pratiquer certains rites pour mériter cet au-delà...). Les processus psychologiques sous-jacents à ces croyances ont la particularité (par rapport à d’autres types de croyances) d’être étroitement en lien avec divers processus émotionnels, dont la culpabilité est sans doute le plus saillant et du reste capable d’imprimer profondément les comportements [6]. Il est probable qu’une expérience répétée d’émotions liées à ces croyances chez les personnes religieuses par rapport aux personnes athées, fait que le cerveau des premiers automatise des mécanismes neurocognitifs inconscients de nature majoritairement affective qui influencent en retour les choix et les jugements moraux. La question dès lors est de savoir si ces différences de fonctionnement cérébral sont un apport positif au fonctionnement mental humain, et, au-delà, potentiellement un atout évolutif qui permet au cerveau humain de se parfaire de génération en génération. Eh bien, les premières réponses qui nous parviennent vont exactement dans l’autre sens : s’il y a un effet sur le cerveau, et si cet effet a des chances, comme toute contrainte environnementale prolongée, de modifier le cours de l’évolution darwinienne, alors ce serait plutôt dans l’autre sens, celui d’une dégradation ou d’une déperdition avec le temps et à travers les générations. De là à penser que la moralité humaine suit l’évolution inverse des autres fonctions cognitives, qui ne font que se développer depuis les origines de l’humanité, il n’y a qu’un pas qui pourrait nous inciter à repenser le rôle de l’école.

L’apprentissage de la moralité

Nul doute que l’éducation soit un facteur majeur de l’évolution de notre société vers un avenir meilleur. Or, l’éducation moderne se donne pour objet de développer les savoirs, les savoir-faire et les "savoir-être". Si les deux premiers sont largement abordés par la pédagogie moderne, il n’en va pas de même pour le dernier, qui manque d’outils et de modèles de réflexion. Le cerveau moral pourrait être un tel modèle. Puisque l’on sait maintenant que l’apprentissage est capable de modeler les circuits cérébraux de l’enfant (la fameuse plasticité cérébrale), on peut présumer qu’il peut aussi le faire sur les circuits de la moralité/empathie. Il s’agirait de réfléchir, par analogie par exemple avec l’apprentissage de la lecture, le domaine le mieux exploré de ce point de vue, sur la façon dont des exercices appropriés pourraient permettre de développer les circuits de la moralité et de l’empathie, même si ces exercices n’ont un lien qu’éloigné avec les préceptes habituels de la morale, comme l’amour de son prochain ou le respect de la vie, qui pourraient rester trop abstraits pour s’implémenter dans des circuits cérébraux éventuellement modifiables. Elaborer une représentation mentale d’une attitude altruiste face à une situation de souffrance ou de blessure chez autrui, pourrait être un des moyens de développer un "réflexe moral", sans doute plus à même de participer d’une évolution positive du cerveau humain que des préceptes religieux qui pourraient, au contraire, en entraver le développement. Ce type d’exercices sont précisément de plus en plus utilisés dans des contextes thérapeutiques, comme la méditation [7] ou le neurofeedback [8], qui ont en commun de favoriser le rétablissement de la connectivité entre des régions corticales distantes, obtenant des résultats comportementaux intéressants, et ce tout autant en pathologie psychiatrique que chez les sujets sains [9]. Concernant plus particulièrement la méditation, dont on pourrait concevoir une certaine analogie avec les pratiques religieuses, il a été démontré que l’entraînement à l’empathie modifiait différemment l’activité cérébrale s’il était associé à une représentation de la compassion, c’est-à-dire la possibilité d’agir pour diminuer la souffrance ou la détresse d’autrui [10], une pratique commune dans les techniques de méditation bouddhistes. Il a même été démontré que les personnes pratiquant une méditation de manière régulière ont des modifications structurales des mêmes zones du cerveau qui sont plus activées lors de la méditation, ce qui prouve que des circuits ont bel et bien été modifiés, modelés, façonnés par la pratique méditative. Une méta-analyse récente des résultats d’imagerie [11] a colligé 37 études d’activation fonctionnelle cérébrale au cours de la méditation, 63 études d’imagerie fonctionnelle comparant différents indices avant et après un traitement par méditation et 10 études d’imagerie structurelle montrant des modifications de l’anatomie du cerveau. Le bilan est particulièrement convaincant et les résultats étonnamment convergents à travers les différentes études.
La pratique du neurofeedback est également susceptible de modifier, outre le fonctionnement de certaines zones cérébrales, la structure même de ces zones, comme l’a montré une étude canadienne : des étudiants de l’Université de Montréal, sans aucune pathologie connue, ont reçu soit 40 séances de neurofeedback, selon un protocole classique amenant le sujet à autoréguler sa propre activité électrique cérébrale, et réputé augmenter les facultés d’attention (40 séances à raison de 3 par semaine), ou un protocole similaire mais sans retour d’information sur l’activité cérébrale (situation de stimulation factice). Une IRM du cerveau a été réalisé dans les deux groupes avant et après les 40 semaines : le groupe effectivement entraîné a significativement développé des zones cérébrales très similaires à celles modifiées par la méditation [12].

Comparaison des données d’imagerie morphologique chez 46 experts en méditation et 46 témoins : A : épaisseur corticale ; B : anisotropie des faisceaux de substance blanche. Les zones rouges et jaunes représentent les régions qui ont été plus développées sous l’influence de la pratique d’une méditation. Les zones bleues sont plus développées chez les témoins non experts. (In : Kang et al., SCAN (2013) 8, 27-33) .

Modifications structurelles du cerveau après pratique du neurofeedback : à gauche, augmentation d’anisotropie (qualité des faisceaux de substance blanche), à droite augmentation de densité corticale.

Dans l’ensemble, les différentes méthodes pointent vers un plus fort développement, lié à la pratique de méditations ou du neurofeedback, de zones cérébrales impliquées dans l’interface émotions/action, principalement le cortex préfrontal médian et inférieur, le cortex cingulaire et le pôle temporal et de façon cruciale le développement des connexions (substance blanche) entre les parties postérieures (sensorielles) du cerveau et ces régions sociales et émotionnelles du cerveau antérieur.
En tout état de cause, le développement récent de cette thématique parmi les travaux d’imagerie cérébrale laisse présager qu’elle sera l’un des thèmes majeurs de la recherche en neuroscience des années à venir.

Alors, comment s’y prendre en pratique ?

N’étant pas pédagogue, je ne saurais donner ici de conseils aux enseignants et encore moins de recettes pédagogiques aptes à solutionner cette question majeure de la laïcité et de l’enseignement de la morale à l’école. Les neurosciences proposent cependant, nous l’avons vu, quelques pistes qui pourraient à mon sens utilement être explorées en salle de classe.
En premier lieu, revoir fondamentalement la doctrine de base de la laïcité, qui est celle de la séparation de l’état et des religions. Nous voyons bien que cette séparation est artificielle, puisque un pourcentage toujours plus important de nos enfants sont scolarisés dans des écoles privées confessionnelles, en partie financées par l’institution publique. Et de petites rectifications des programmes scolaires comme l’inclusion d’une matière "éducation civique et morale" n’y pourront rien changer.
Il n’est pas question de nier ici, ni même de négliger, la dimension sociale, ni la dimension culturelle des difficultés que rencontre la vision républicaine de la laïcité. Il est seulement question de proposer un schéma de pensée totalement distinct, alternatif, qui recherche délibérément d’autres voies et d’autres solutions que celles qui ont jusqu’ici échoué.
Mon hypothèse est que la vraie solution pourrait se trouver dans la construction d’esprits rationnels, ce qui passe avant tout par redonner confiance aux jeunes citoyens dans l’approche scientifique de l’humain, leur montrer la richesse potentielle de cette approche en décrivant déjà la civilisation moderne comme en progrès constant, plutôt qu’une chute dans l’enfer nous menaçant à chaque instant d’une apocalypse écologique et morale. Cela nécessite sans doute une refonte totale des programmes, depuis le primaire jusqu’au Lycée, en mettant l’accent sur une présentation attrayante et surtout positive des matières scientifiques en général, et des sciences humaines en particulier.
Il est bien sûr inutile, voire contre-productif de passer du temps à décrire les fondements civiques de la laïcité, qui ne sont là que pour opposer encore plus les approches, alors qu’il serait bien plus constructif de les unir en un seul concept de moralité, à la lumière des données en pleine expansion de la recherche en psychologie, en sociologie et en neurosciences. Entre une vision sociale de la morale et une vision religieuse, il existe sans doute une troisième voie, celle que nous indique la neurobiologie, elle qui semble nous montrer que la morale religieuse n’est que la tentative maladroite des sociétés primitives de faire progresser l’humanité. Comme l’écrit Benny Beit-Hallahmi (université de Haïfa), l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de la psychologie des religions, « la coopération sociale, observée chez d’autres animaux, est un comportement tellement élémentaire qu’elle n’a pas besoin de substrat moral. Le vrai enjeu moral, c’est de faire le bien envers autrui, quel qu’il soit, indépendamment de la crainte d’être puni dans l’au-delà. »

Ainsi, il devient urgent de faire travailler ensemble pédagogues, historiens, sociologues et neuroscientifiques pour construire une vision rationnelle de la notion de morale, depuis l’histoire des religions, incluant les démonstrations flagrantes de similarités entre toutes les religions [13], et les rapportant à des invariances du fonctionnement de l’esprit humain, ce que la science montre de plus en plus clairement, et non (ou pas nécessairement) à un pouvoir surnaturel qui dirigerait nos actes et nos pensées, jusqu’à la présentation simplifiée et vulgarisée, adaptée à chaque niveau scolaire, des données rapportées dans la littérature scientifique.
Finalement, prévenir la dérive irrationnelle de la pensée, en agissant dès le plus jeune âge sur la compréhension des mécanismes mentaux propres du futur citoyen, et en cessant de faire croire à nos enfants que l’empathie et la compassion ne sont que l’application de règles édictées il y a des millénaires par les concepteurs des grandes religions (et encore moins, bien entendu, celles d’une prétendue morale laïque qui s’y substituerait) , face aux preuves de plus en plus flagrantes que c’est l’évolution elle-même qui a façonné le système mental qui nous sert à penser nos émotions pour nous faire interagir de mieux en mieux ("aimer") avec notre prochain.
Ainsi, il s’agit bien de concevoir la morale comme une fonction émergente et évolutive du cerveau humain, et non comme un concept manichéen qui ne peut que se résumer au bien et au mal, au religieux et à l’athée. Mais cela passe, à mon avis, par une totale refondation des concepts et des pratiques pédagogiques : cesser d’opposer le laïque au religieux ; recentrer la morale, propriété de notre cerveau, sur le fonctionnement intrinsèque de l’individu et éviter ainsi sa désincarnation et son assujettissement à des mécanismes purement subjectifs ; replacer l’altruisme et l’empathie au centre de l’éducation, non pas en tant que principe ou qu’obligation culpabilisante, mais comme une fonction cognitive particulière que l’école se doit de développer au même titre que d’autres habiletés ou connaissances, voire même prioritairement à ces dernières ou en amont d’elles.

1- voir par exemple : Merle P. (2015) « Faut-il refonder la laïcité scolaire ? », La Vie des idées, 17 février 2015. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Faut-il-refonder-la-laicite-scolaire.html

2- Sevinc G, Spreng RN. Contextual and perceptual brain processes underlying moral cognition : a quantitative meta-analysis of moral reasoning and moral emotions. PLoS One. 2014 Feb 4 ;9(2):e87427. doi : 10.1371/journal.pone.0087427. eCollection 2014.

3- Decety J, Cowell JM, Lee K, Mahasneh R, Malcolm-Smith S, Selcuk B, Zhou X. The Negative Association between Religiousness and Children’s Altruism across the World. Curr Biol. 2015 Nov 4. pii : S0960-9822(15)01167-7. doi : 10.1016/j.cub.2015.09.056. [Epub ahead of print]

4- Christensen JF, Flexas A, de Miguel P, Cela-Conde CJ, Munar E. Roman Catholic beliefs produce characteristic neural responses to moral dilemmas. Soc Cogn Affect Neurosci. 2014 Feb ;9(2):240-9. doi : 10.1093/scan/nss121. Epub 2012 Nov 18.

5- Christensen JF1, Gomila A. Moral dilemmas in cognitive neuroscience of moral decision-making : a principled review. Neurosci Biobehav Rev. 2012 Apr ;36(4):1249-64. doi : 10.1016/j.neubiorev.2012.02.008. Epub 2012 Feb 14.

6- Michl P, Meindl T, Meister F, Born C, Engel RR, Reiser M, Hennig-Fast K. Neurobiological underpinnings of shame and guilt : a pilot fMRI study.
Soc Cogn Affect Neurosci. 2014 Feb ;9(2):150-7.

7- Simon R, Engström M.The default mode network as a biomarker for monitoring the therapeutic effects of meditation. Front Psychol. 2015 Jun 9 ;6:776.

8- Megumi F, Yamashita A, Kawato M, Imamizu H. Functional MRI neurofeedback training on connectivity between two regions induces long-lasting changes in intrinsic functional network.
Front Hum Neurosci. 2015 Mar 30 ;9:160. doi : 10.3389/fnhum.2015.00160.

9- Caria A, de Falco S. Anterior insular cortex regulation in autism spectrum disorders. Front Behav Neurosci. 2015 Mar 6 ;9:38. doi : 10.3389/fnbeh.2015.00038. eCollection 2015.

10- Klimecki, O. M., Leiberg, S., Ricard, M., and Singer, T. (2014). Differential pattern of functional brain plasticity after compassion and empathy training. Soc. Cogn. Affect. Neurosci. 9, 873–879. doi : 10.1093/scan/nst060

11- Boccia M, Piccardi L, Guariglia P. The Meditative Mind : A Comprehensive Meta-Analysis of MRI Studies. Biomed Res Int. 2015 ;2015:419808. doi : 10.1155/2015/419808. Epub 2015 Jun 4.

12- Ghaziri J, Tucholka A, Larue V, Blanchette-Sylvestre M, Reyburn G, Gilbert G, Lévesque J, Beauregard M. Neurofeedback training induces changes in white and gray matter. Clin EEG Neurosci. 2013 Oct ;44(4):265-72

13- Eliade M. Le mythe de l’Eternel Retour (archétypes et répétitions). Paris, 1969.

"Cerveau & Psycho"

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L’Essentiel "Cerveau & Psycho" - PDF - 7.8 Mo

"Mieux connaître le sommeil des enfants et des adolescents" de M.F. Mateo Champion

Solal Editeur, Avril 2008 , Préface de Michel Billiard , 17€ ;
80 pages

Pourquoi mon enfant se réveille t-il plusieurs fois par nuit ?
Pourquoi est-il si souvent fatigué, les yeux cernés ?
Pourquoi est- il si agité du matin au soir ?
Pourquoi notre enfant, devenu adolescent, est-il si peu motivé ? Si agressif ?

« Il ronfle comme son grand-père. »
« A la sortie de l’école, dès qu’il monte dans la voiture il s’endort. »
« Votre enfant n’apprend pas bien ses leçons. »
« Il n’est pas attentif en classe. »
« Il perturbe la classe. »

Voici quelques explications pour mieux comprendre le sommeil de l’enfant et les conséquences d’un sommeil de mauvaise qualité.

PRÉSENTATION DES AUTEURS
Marie-Françoise Mateo-Champion est neurologue et neurophysiologiste. Elle est responsable du laboratoire de sommeil au Centre Hospitalier de Toulon et coordonnatrice d’une consultation pluridisciplinaire des troubles du sommeil de l’enfant.

SOMMAIRE
Préface
Introduction
1 - Le sommeil normal
 De la naissance à 3 ans
 De 4 à 12 ans
 La période pubertaire
 A quoi sert le sommeil ?
 Comment se passe l’alternance veille-sommeil ?

2 - Le syndrome d’apnées du sommeil
 L’histoire d’Enzo
 La triade caractéristique du SAS avant 6 ans
 Dans la période prépubertaire
 C’est quoi exactement le SAS ?
 Les traitements
 Les conséquences du SAS non traité

3 - Les parasomnies
 Les parasomnies le plus fréquemment rencontrées
 Les parasomnies moins fréquentes
 Les traitements

4 - L’insomnie du nourrisson
 L’histoire de Théo
 Les rituels d’endormissement
 Les autres causes de l’insomnies du nourrisson

5 - L’insomnie de l’enfant

6 - Les troubles du sommeil de l’adolescent
 Les principales conséquences d’une dette de sommeil
 Les autres conséquences d’une privation chronique -de sommeil
 L’insomnie
 La dépression

7 - Les hypersomnies
 Les hypersomnies primaires
La narcoleptsie
L’histoire de Lucas
La cataplexie
L’hypersomnie idiopathique
 L’hypersomnie récurrente
 Le syndrome de Kleine-Levin

8 - Le syndrome des jambes sans repos et le syndrome de -mouvements périodiques des jambes pendant le sommeil

9 - Le sommeil des enfants « dys »
 Dysphasie et sommeil
 Les troubles du sommeil dans les troubles -attentionnels
 Syndromes épileptiques et troubles du langage
Le syndrome de Landau-Kleffner
Le syndrome des pointe-ondes continues pendant-le sommeil (POCS)

Conclusion

Bibliographie

Annexes
 La polysomnographie
 Echelle de somnolence

"Conduite du bilan neuropsychologique chez l’enfant" (2e édition) de M. Mazeau

"Cet ouvrage offre au praticien une analyse détaillée des différents tests communément utilisés ainsi qu’un répertoire de l’éventail des compétences cognitives sollicitées par chaque épreuve lors de l’évaluation clinique des "dys".
Au delà du découpage de l’ouvrage par troubles — dysphasies, dyspraxies, troubles attentionnels et syndromes dysexécutifs, dyslexies, dyscalculies...— les renvois de paragraphes permettent aussi une lecture transversale du livre, nécessaire pour mettre à jour les correspondances entre les symptômes, les associations fréquentes et surtout les interactions inhérentes au fonctionnement cognitif. Enfin, chaque chapitre présente et analyse de nombreux cas issus de la pratique clinique."

Fidèle à son habitude, Michèle MAZEAU nous gratifie ici d’un condensé de décennies d’expérience clinique agrémenté d’un talent pédagogique qui ne se dément pas, bien au contraire, à chaque nouvel ouvrage. Une mine d’or pour les cliniciens, une référence pour les étudiants.

MASSON Ed. (Paris), 281 pages, février 2008.

l’auteur : M. Mazeau, médecin de rééducation, SESSD l’ADAPT, Paris

Developmental dyslexia : A new look at clinical features and brain mechanisms


Developmental dyslexia is the commonest “specific learning disorder” (DSM-5) or “developmental learning disorder with impairment in reading” (ICD-11).
This impairment in reading acquisition is related to a defect in the installation of cognitive precursors necessary to master the grapheme–phoneme conversion. Its origin is largely genetic, but many environ- mental factors seem capable of modulating symptom intensity. Three types of presentation, roughly equal in occurrence, are useful to distinguish according to the associated disorders (language, attentional, and/or motor coordination), thus suggesting, at least in part, potentially different mechanisms at their origin. In adolescence and adulthood the clinical presentation tends to bear a more uniform pattern, covering a large range of severity depending on each person’s ability to compensate for their deficit. Research has dem- onstrated dysfunction of specific brain areas during reading-related tasks (using fMRI), essentially in the left cerebral hemisphere, but also atypical patterns of connectivity (using diffusion imaging), further supplemented by functional connectivity studies at rest. The current therapeutic recommendations empha- size the need for multidisciplinary care, giving priority, depending on the clinical form, to the language, psychomotor, or neuropsychologic aspects of rehabilitation. Various training methods whose effectiveness has been scientifically tested are reviewed, emphasizing those exploiting the hypothesis of a lack of intermodal connectivity between separate cognitive systems.

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article Handbook - PDF - 1.1 Mo

Expertise collective INSERM : Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie : Bilan des données scientifiques

Cet ouvrage présente les travaux du groupe d’experts réunis par l’Inserm dans le cadre de la procédure d’expertise collective, pour répondre à la demande du Régime social des indépendants, anciennement la Canam, concernant la dyslexie, la dysorthographie et la dyscalculie. Ce travail s’appuie sur les données scientifiques disponibles en date du deuxième semestre 2006. Plus de 2 000 articles ont constitué la base documentaire de cette expertise.
Le Centre d’expertise collective de l’Inserm a assuré la coordination scienti- fique et éditoriale de cette expertise collective. Dans le cadre de la mission d’accompagnement des expertises collectives mise en place par Christian Bréchot, Directeur général de l’Inserm, l’expertise a bénéficié des conseils de Jean-Marie Danion, professeur de psychiatrie représentant la Direction générale de l’Inserm, de Jean-Claude Ameisen, président du comité d’éthi- que de l’Inserm, et des membres du département de l’information scientifi- que et de la communication sous la direction de Pascale Sillard et Patrick Chanson.

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Synthèse de L’expertise collective - PDF - 306.2 ko

DYSLEXIE. Le cerveau singulier


Il y a seulement une quinzaine d’années, on ignorait tout ou presque des mécanismes cérébraux de la dyslexie, au point que, parmi les professionnels - médecins, psychologues, orthophonistes, éducateurs, enseignants - en charge d’enfants en difficulté d’apprentissage de la lecture, l’idée était encore vivace que les causes, et donc les solutions, étaient du ressort exclusif des disciplines socio-psycho-éducatives. Depuis lors, un nombre sans cesse croissant de travaux scientifiques se sont accumulés, apportant des preuves de plus en plus tangibles de la constitution et de l’organisation très particulières du cerveau des dyslexiques, un cerveau assurément bien singulier.

En tant que science des liens entre le cerveau et l’esprit, la neuropsychologie s’est retrouvée en quelques années au centre de tous les débats en matière de troubles de l’apprentissage. Décrire les mécanismes cérébraux de la lecture et de ses troubles, comprendre la dynamique du développement des fonctions cognitives et des facteurs qui peuvent le perturber, imaginer des méthodes rationnelles de réadaptation, reposant sur des bases scientifiques solides, telles sont les missions que s’est fixée la neuropsychologie moderne confrontée à ce nouvel enjeu.

Revue Développements décembre 2015

d’Apprentissage et du Langage (SOFTAL, 2015, Lyon) sont à présent disponibles. Télécharger le bon de commande à renvoyer avec le chèque de règlement à l’adresse figurant au bas de la facture. Pour les virements de l’étranger, suivre les indications sur le relevé bancaire.

Editeur : Resodys

ISSN : 2103-2874

310 pp.

prix : 20€ + frais de port

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Bon de commande - PDF - 41.2 ko

Table des matières - PDF - 991.5 ko

Revue développements, n° spécial Décembre 2016

Table des Matières

Introduction :
Marie-Pascale Noël & Laurence Rousselle

La dyscalculie et l’automatisation des procédures de calcul :
Catherine Thevenot, Kim Uittenhove & Jérôme Prado

Aspects stratégiques du développement arithmétique normal et troublé :
Angélique Roquet, Thomas Hinault & Patrick Lemaire

Langage et acquisitions numériques : le cas des enfants avec troubles spécifiques du langage et des enfants avec surdité
Jacqueline Leybaert

Effets d’entrainements basés sur l’estimation numérique auprès d’enfants avec une dyscalculie ou des troubles du calcul
Bruno Vilette

Stimuler le développement numérique : par quoi commencer ?
Nastasya Honoré & Marie-Pascale Noël

Accompagnements pédagogiques des élèves présentant des difficultés d’apprentissage en mathématique : réflexions autour des aménagements Line Vossius & Laurence Rousselle

Actes de la Journée Scientifique de la SOFTAL, Louvain-la-Neuve, 18 mai 2016
sous la direction de : Marie-Pascale NOEL (Louvain), Nolwenn GUEDIN (Genève), Michel HABIB (Marseille)
Bon de commande ci-joint : à remplir et renvoyer avec chèque de règlement à : Resodys - 3 square Stalingrad, 13001 Marseille

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couverture_20-21.pdf - PDF - 229.8 ko

bon_de_commande_develp-16.docx - Word - 89.9 ko